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Imprimerie culte : Les cartes de visite du film American Psycho

· Culte,Cinéma,Business card,Letterpress,Communication

S'il est une carte de visite célèbre au cinéma, c'est bien celle (ou plutôt celles) du thriller American Psycho! Elle bénéficie d'un "placement de produit" de pas moins de 4 secondes en visuel face sur une séquence de 3 minurtes à ce sujet

Examinons de plus près le design de cette simple carte de visite, ainsi que des 4 autres cartes présentées dans le film... Mais avant cela, voici la fameuse séquence :

Patrick Bateman

Selon le film, la carte de Patrick est imprimée sur du papier de couleur «bone» (os en français) et se trouve dans une police de caractère fictive : Silian Rail. La police de caractères utilisée semble être Garamond Classico SC (petites majuscules).

A y regarder de plus près, la carte de Patrick pose quelques problèmes:

- les caractères sont décentrés, très loin du bord gauche et réglés trop bas pour que la marge inférieure étroite de la carte soit déséquilibrée par rapport à la marge supérieure beaucoup plus grande. Cela donne à la carte une apparence déréglée, ce qui pourrait en dire long sur l'état mental du personnage... Passons!

Outre le retrait de la carte, il n'y a pas d'espace entre l'esperluette et «Pierce» dans le nom de l'entreprise en haut à droite.

Enfin, la carte de Patrick a une faute de frappe partagée avec les quatre autres cartes : toutes orthographient incorrectement le mot «acquisitions» en omettant le symbole c.

Patrick la montre fièrement à ses collègues qui ne semblent pas emballés!

Impression typo

Pourtant, malgré ses défauts, cette carte a des atouts certains :

1. Elle est clairement imprimée en typo. Lorsque la carte est affichée selon un certain angle (photo ci-dessus), on peut voir l’impression faite dans le papier.

2. Les polices de caractères de style Garamond sont des classiques respectables et intemporels qui restent populaires non seulement au fil des décennies mais aussi des siècles. La qualité d'impression et la police de caractères choisie sont des sélections traditionnelles et professionnelles, bien qu'il soit regrettable que les autres problèmes de conception détournent tellement l'attention des aspects plus forts de la carte.

David Van Patten
David Van Patten est le deuxième personnage à montrer sa carte de visite. Tout comme Patrick, sa carte est décentrée, bien que trop haute cette fois-ci, de sorte que la marge inférieure est trop blanche et que le haut est trop étroit.  David décrit sa carte comme «une coquille d’oeuf de type romalien», mais elle est en fait imprimée sur du papier non couché à texture épaisse et placée à Bodoni. Bien que sa carte soit trop haute, elle est au moins centrée de gauche à droite, ce qui lui confère un léger avantage par rapport à la carte de Patrick.

En revanche, la carte de David n’est pas imprimée en letterpress, elle est plutôt imprimée de manière conventionnelle (vraisemblablement en offset, car il n’y avait pas d’option d’impression numérique dans les années 1980). Elle est donc imprimée à plat et manque de la qualité tactile de la carte de Patrick, bien qu'il essaie de compenser avec le papier texturé. Globalement, sa carte donne la sensation d'être plus moderne que celle de Patrick, principalement en raison du choix de la police de caractères, mais la texture du papier confère également à la carte une solide impression d’entreprise des années 80.

Timothy Bryce

Il la présente en disant «un lettrage en relief, blanc nimbus pâle». Dès le départ, il est clair que le lettrage n'est ni en relief, ni gaufré. La carte semble être imprimée en typographie, bien que nous n'ayons pas une idée précise de la profondeur d'impression. La police de caractères est Helvetica, qui est toujours très populaire et omniprésente, lui conférant la sensation la plus contemporaine de toutes les cartes.

Le seul défaut réel est que la carte est définie beaucoup trop bas. Le papier de Timothy est également remarquablement texturé, bien que légèrement plus discret que celui de David. Aussi insuffisant que soit sa carte, le sentiment net et presque anonyme que prête Helvetica convient parfaitement au design simple dans son ensemble. C'est comme si cette carte savait qu'elle faisait partie du groupe et faisait de son mieux pour avoir l'air présentable, plutôt que de se démarquer de quelque façon que ce soit.

Paul Allen

Et enfin, nous arrivons à la supposée Adonis qui est la carte de Paul Allen. Puisque Paul lui-même n’est pas dans cette partie de la scène pour présenter sa carte, nous n’obtenons pas de description du caractère de la police de caractères et du choix du papier. Nous entendons cependant la voix off envieuse de Patrick: «Regardez cette subtile coloration blanc cassé. L'épaisseur de bon goût de celui-ci. Oh mon Dieu, il y a même un filigrane… ”

Commençons par dire qu’il n’existe aucune trace de filigrane. Sa carte est imprimée sur un papier relativement lisse, non couché, semblable à celui de Patrick, mais plus blanc. La police de caractères est Copperplate Gothic (qui est d'ailleurs la police de caractères utilisée dans la séquence de titres du film). Bien qu’on l’appelle gothique, la police de caractères possède de beaux empattements glyphiques subtils, ce qui confère à la carte une sensibilité distincte du XXe siècle avec plus de caractère que celle proposée par Helvetica (véritable gothique ou sans empattement).

La carte de Paul ne semble pas trop décentrée verticalement ou horizontalement, ce qui en fait la plus fiable du groupe. L'aspect le plus unique de la carte de Paul réside dans le fait que l'adresse, le fax et les numéros de téléphone sont définis sur deux lignes plutôt que sur une longue ligne couvrant la longueur de la carte. Dans l'ensemble, sa carte pourrait être la crème de cette culture particulière, bien qu'aucune ne soit particulièrement originale.

Luis Carruthers

Last but not least : la 5eme carte... souvent négligée! Elle ne fait pas partie de la scène en question mais apparaît à peu près à mi-parcours du film. La "superbe" carte bicolore de Luis Carruthers se distingue par son impression à l'encre verte et à la feuille d'or. Le green est assez bien inscrit, mais l'or est définitivement hors registre, beaucoup trop à gauche.

Un autre détail unique à cette carte est que le nom de Luis est défini avec son nom de famille en premier (ne jamais faire, on est d'accord!). Son nom de famille est défini en majuscule comme les quatre autres cartes, mais son prénom est le seul à être placé en cas de titre.

Une carte tape-à-l'oeil et mal exécutée !

Dans l’ensemble, les cartes ressemblent beaucoup à leurs propriétaires : potentiellement attrayantes au premier abord, mais essentiellement banales et imparfaites. Patrick Bateman, David Van Patten, Timothy Bryce et Paul Allen ont le même âge, la même apparence et la même tenue vestimentaire.

Ils ont tous le même travail et des variantes de la même carte de visite. Leurs cartes suivent la même présentation de base, ont les mêmes coordonnées, le même titre et sont imprimées à l’encre noire sur du papier blanc cassé.

Les différences concernent principalement la police de caractères, le type de papier et le degré d'"impression" de la typo.

Et vous à quoi ressemble votre carte de visite?

Traduction de l'article anglais paru sur https://hobancards.com 

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